26 déc. 2008

Est-ce que tu as trouvé ce que tu cherchais ?

Toi qui suffoquais de ne pas comprendre le monde qui t'entoure
Toi qui cherchais à entrevoir la vérité derrière les choses
Toi qui as dirigé ta vie par une quête sans trêve d'intensité
Une quête folle d'intelligence
Une quête épuisante de repos
Une quête irrationelle de certitudes
Une quête subjective de vrai
Une quête tragiquement triste d'un bonheur simple

As-tu trouvé l'équilibre ? As-tu trouvé la clé ?

As-tu trouvé quelque chose qui t'a permis de comprendre que ta vie n'était rien ? Et qu'à ce titre elle était la plus précieuse et la plus glorieuse des choses en ce bas monde ?

As-tu pu enfin rassasier ta soif d'intensité ?

As-tu trouvé, non pas "le" bonheur, mais "ton" bonheur ?

Et si toutes ces questions te paraissent futiles, inutiles, impertinentes et agaçantes, alors sois rassurée : tu n'es déjà plus très loin de ce que tu recherches au fond de ton coeur.

16 oct. 2008

~*° poussette °*~

des fois, Dominique m'époussète [pour rigoler quand il enlève les miettes du lit]
et moi, je lui dis :
"à défaut de m'épouser, tu m'époussètes ?"

9 sept. 2008

quand j'ai deux minutes à moi, par exemple, en répétition agapanthe, je considère ma vie un minimum.
Je me regarde parmi mes amis d'agapanthe avec qui je n'avais pas chanté depuis longtemps.
Je me demande ce qui a changé
En quoi j'ai changé

Je ne vois rien.

Et je me dis qu'il y a un petit homme quelque part, il y a mon fils quelque part. Je me dis que je suis maman.
Et je me reconsidère, je me reconsidère en me disant : "je suis maman".
Et tout de suite ça ne passe plus, non, je ne suis pas maman, je n'ai pas du tout l'impression d'être une maman.
C'est quoi une maman, que je ne suis pas ?

Une maman c'est quelqu'un qui sait.
Qui sait forcément, qui a réponse à tout
Quelqu'un en qui on peut absolument faire confiance
Quelqu'un qui décide à notre place
Une maman c'est le dernier rempart contre le monde extérieur
Une maman a le souci constant de ses enfants, et de rien d'autre
Une maman c'est quelqu'un de responsable
Quelqu'un qui nous mènera jusqu'au bout du chemin quoi qu'il arrive
[ou alors ça c'est plutôt un papa ?]
Quelqu'un qui a toujours une solution.

Ce matin Siméon têtait mon sein.
Dominique passait par là
Siméon regarde qui passe, sourit, nous regarde.
Dominique me fait remarquer à quel point il y a de la confiance dans son regard
Siméon me regarde, et il me donne tout
Pour lui je suis son refuge
Son plus sûr et son plus solide refuge.
[sa nounou le devient aussi]
Il n'y a aucune faille dans son regard
Enfin c'est ce que Dominique imagine
Il me le dit
alors je le crois

je suis la maman de cet enfant-là
je suis maman comme personne auparavant
et comme toutes pourtant
je suis maman et cet enfant me regarde
comme si tout pouvait venir de moi
et comme si le prendre dans mes bras
pouvait résoudre ses petits et ses grands maux

cela doit être pour cela
qu'on ne peut, qu'on ne peut pas
supporter ces pleurs qu'on ne sait pas consoler

vite oubliés
lui semble ne pas nous en vouloir
de l'avoir mis au monde, jeté dans le monde
sans autre forme de préparation
que nos bras quand vraiment ça va pas.

il ne semble pas nous en vouloir
il court après les nouveautés, il veut aller plus vite
conquérir le monde
et fermement, parmi les clichés, mais pour la première fois
pour la première fois du monde
faire que sa maman soit fière
fière de son fils qui a grandi en elle
qui s'est nourri d'elle
de ses regards, de ses caresses, de son lait.

je suis fière de Siméon, déjà.
j'espère ne pas avoir trop envie de grandes choses pour lui
je veux avant tout qu'il sache se contenter de la vie
telle qu'elle est
ou qu'il sache au moins pour un temps
la réinventer
j'espère ne pas espérer trop qu'il puisse passer entre toutes les gouttes
car il faut bien qu'il apprenne
il faut bien qu'il grandisse

et je ne peux pas, et je ne pourrai pas passer mon temps à le protéger
avec son père, nous passons déjà du temps à le faire se débrouiller tout seul
le laisser pleurer
le laisser s'endormir, se calmer seul, jouer seul
et le laisser avec la nounou

nous passons déjà du temps pour qu'il grandisse
et que nous puissions rester des êtres humains, un couple.

2 mai 2008

...
Silence d'un enfant.
...
Silence de la vie, silence de l'avenir.
Il n'y a que le passé qui fasse du bruit. Il n'y a que le vide qu'on entende ici.
Là-bas, il y a des gens. Là-bas il y a les autres.
Ici il n'y a que toi. Ici il n'y a que vous.

Vous, avec la majuscule du pluriel, et pas la majuscule du vouvoiement poli.

Vous, avec la majuscule du silence.

27 févr. 2008

Avons-nous le temps ?

Avons-nous le temps d'écouter les politiques ?
Hier j'entends : "la démocratie ne peut plus marcher, parce que dans notre société de médias, tout le monde parle dans tous les sens et tout le monde dit n'importe quoi, on ne peut se baser sur rien : tout le monde a la parole mais aucune parole n'a de valeur."
Que puis-je dire ?
Prenons un exemple simple...
Est-ce que j'aime Sarko ?
Est-ce que je n'aime pas Sarko parce qu'il est grossier et beauf ?
Je suis grossier et beauf.
Est-ce que je n'aime pas Sarko parce que je suis contre ses réformes ?
Je suis bien incapable de dire si ses réformes vont dans le bon sens ou pas. Je n'arrive même pas à dire si je vais y gagner quoi que ce soit.
Je ne suis même pas capable de dire si j'aime Sarko...
Je n'ai pas le temps d'écouter tout ce qui se dit. Je n'ai pas le temps de savoir, donc encore moins le temps de comprendre !

Et ces enfants qui iront à l'école, nos enfants ; eux aussi vivront dans ce flot de paroles en tous sens.
Que pouvons-nous faire pour les préserver ? Ne leur donner accès qu'à une part de l'information ? Ce serait alors la pire des censures...
Essayer de leur expliquer tout nous-mêmes ? Mais comment faire face à tout ce qu'ils entendront à l'école, dans la cour de récréation, et qui sera sûrement dit avec autant de conviction que la parole des parents ? Et comment pourrions-nous prétendre tout savoir et tout arbitrer ?
Nous savons qu'ils ne sauront pas, qu'ils seront noyés, que même s'ils sont intelligents ils seront trompés.
Nous savons que c'est une bataille perdue d'avance, et nous la livrerons quand même.

Et lorsqu'on tente, rarement, de se poser, d'écouter un débat lentement, calmement, en écoutant chaque mot, ou de lire un article en faisant tout pour le comprendre, quelle frustration...
A chaque intervention, l'envie de hurler son désaccord, de dénoncer la mauvaise foi, les sophismes, les arguments idiots, les procès d'intention...
A chaque article, l'envie de vomir son indignation, de déchirer les chiffres assénés sans preuve ni référence, de brûler les fausses évidences jetées en pâture...
Nos voisins ont écouté MO Fogiel ou PPDA. Ils ont lu Marianne et Le Point. Ils regardent Capital comme une vitrine de notre société et pensent que Karl Zéro est un journaliste. Ils écoutent Le Pen et Olivier Besancenot. Bref, ils vivent dans notre médiasphère.
Ils ont ingurgité tout ceci, sans notre connaissance ni notre recul, et qu'ont-ils bien pu en tirer ?

Et, soudain, réaliser qu'on n'a ni ce recul ni cette connaissance nous-mêmes.
Réaliser que nous aussi, nous nous sommes laissé duper.
Que dans tout ce qui a fait nos opinions et nos convictions se terrent des dizaines de contre-vérités.
Que malgré toute notre bonne foi et notre prétendue rationnalité, nous sommes idiots et ignorants !
Et cette pensée là m'étouffe, elle me dégoûte de moi-même, j'ai envie de me débarraser de mon corps, non c'est encore pire que cela, j'ai envie de me débarrasser de mon esprit !
Car mon esprit est probablement encore plus corrompu que mon corps.

Dans cette vie d'homme moderne, on rajoute chaque jour de nouvelles choses à savoir, de nouvelles choses à faire, mais jamais on ne rajoute de temps. Nous continuons à avoir 24 heures dans une journée.
La vie n'est qu'une course contre le temps. Une course que l'on perd.
Nous hissons la connaissance et l'intelligence au sommet de toutes les vertues, alors que nous nous rendons les uns les autres complétement ignorants et idiots.

Mieux vaut ne pas y penser, sinon on y perdrait trop de temps !

23 janv. 2008

je suis bientôt maman
j'attends un enfant
je l'attends
j'attends de l'avoir dans les bras
j'attends de l'entendre crier, et pleurer, et rire
j'attends de lui caresser le visage et de lui laver les fesses
j'attends de pouvoir lui sourire, lui dire, le reconnaitre, le rencontrer,
j'attends de pouvoir le porter en dehors de mon ventre
j'attends de pouvoir le donner à porter à son père
A son père, à sa tata, à sa grand-mère, à ses frères et sœurs
J'attends et en attendant
je le sens bouger
grandir
vivre.

6 déc. 2007

Simplement pas le temps
Simplement pas le temps de t'écrire
Simplement pas le temps de respirer
Simplement pas le temps de comprendre ce que les autres font
Simplement pas le temps de comprendre ce que je fais
Simplement pas le temps d'envisager les conséquences de mes actes
Simplement pas le temps de réparer les conséquences des actes des autres
Simplement pas le temps de regarder, à peine le temps de voir
Simplement pas le temps d'écouter, à peine le temps d'entendre
Simplement pas le temps de me reposer, à peine le temps de me fatiguer
Simplement pas le temps de rire
Simplement pas le temps de pleurer
Simplement pas le temps de penser aux autres
Simplement pas le temps de penser à moi
Simplement pas le temps de penser à toi, je veux dire, à vous
Simplement pas le temps de te comprendre
Simplement pas le temps de savoir
Simplement pas le temps de vivre
Tout simplement

29 oct. 2007

A toutes ces portes, qu'on a ouvertes, qu'on a fermées
Une porte ouverte pour passer, une porte fermée pour protéger
Toutes ses révolutions.

La première porte dont je me souviens, j'avais 17 ans, et j'ai parlé pour la première fois à quelqu'un, j'ai eu une amie. Porte toujours ouverte.

La deuxième s'entr'ouvre encore de part et d'autre de ma confiance. J'avais 19 ans, j'ai décidé de ne pas porter cet enfant jusqu'au bout.

Je passe sur des années étranges, des années de rôle à jouer, à chercher, une mascarade parfois joyeuse et souvent bien triste. La troisième porte à passer a été de briser ça et de partir de nouveau étudier et lire des BD, un peu plus loin.
La quatrième la suit de près, conséquence logique de mon errance fiévreuse : ça a été la fin de la fête, des amants, de l'alcool, de la colocation, la fin des chansons. Porte assez bien refermée à présent.
Cette porte passée, beaucoup de remise en question, et encore des rencontres, que je cherchais, qui ne se passaient pas toujours au mieux du respect et de la compréhension, malgré mes efforts... Et beaucoup d'occupations, d'enrichissement. Une recherche qui a peut-être bien fini par aboutir.

La cinquième ça a été la révolution pour me dire que c'était possible de vivre avec un homme marié qui a 4 enfants. Sisi. Possible.

La sixième arrive, c'est tout à la fois la maison, la famille de mon chéri, et bientôt notre famille. C'est aussi un peu fermer la porte sur tous les autres possibles.

Combien de portes pour en arriver là ? Sommes-nous toujours les mêmes ? Peut-être que ces sas nécessaires me montrent aujourd'hui que je suis la même qu'hier. La même, qui choisit les portes et les chemins au fur et à mesure qu'ils se présentent. La liberté, c'est beaucoup de hasard et un peu de tempérament. C'est beaucoup de hasard et un peu de volonté. C'est comme le hasard qui construit un enfant à partir de presque rien, presque rien sauf la volonté et l'engagement de ses parents.

18 oct. 2007

La porte !
Prendre la porte...
La porte des enfers ?
Les portes du paradis ?
Quelle porte ouvre la clé des champs ?
Alors Portons un toast
A l'attention que l'on se porte
Au réconfort que l'on apporte
Et aussi
A ceux auxquels je porte atteinte
Aux coups que l'on se porte
Aux préjudices que je te porte
Et à tous ceux que l'on déporte.
Une porte sert-elle à permettre aux gens d'entrer ?
Une porte sert-elle à empêcher les gens d'entrer ?
Une porte sert à empêcher les gens de sortir.
Et toi,
porte ta voix,
porte-toi bien,
Ainsi que l'enfant que tu portes.

6 août 2007

A toi fée de eaux
Tu n'es pas celle que j'attendais
Tu es celle que je n'attendais plus
Tu es celle que je n'ai même pas attendue, celle à laquelle je n'osais même pas rêver
Tu es celle qui a tout accepté
Tu es celle qui a tout changé
Tu n'es pas seulement celle qui m'a permis de cesser de ne pas aimer
Tu es celle qui m'a appris à aimer
A aimer entièrement de tout mon corps, de tout mon passé, de tout mon avenir
J'étais un et j'aspirais à devenir deux
Et tu es arrivée et je suis mille
J'étais dans l'ombre et j'aspirais à passer dans la lumière
Et tu es arrivée et c'est moi qui éclaire le monde
J'avais soif et je cherchais de l'eau
Et tu as fait de moi une fontaine
Et parfois mon coeur déborde tellement d'amour pour toi
Que mes vieux instincts cyniques me dictent que tu dois être le fruit de mon imagination
Et si c'était vrai, tu fais partie intégrante de moi
Et si c'était vrai, alors je serai aussi le fruit d'une imagination
Par pitié, que celui qui a imaginé cela ne cesse jamais de rêver
Car si tu n'étais plus là je n'aurais alors jamais existé
Je t'aime, Nymphe, et parfois cela vaut la peine de le dire au lieu de se contenter de le penser.

24 juil. 2007

Nous n'avons plus Tant de questions.
Nous n'avons plus Tant à chercher, Tant à trouver, Tant à prouver
Nous avons la vie, Nous avons la peur.
Nous passons le temps ; la mort, aussi.

Nous n'avons plus beaucoup de choses
Il faut se détacher encore
Nous avons l'espoir déplacé
De vivre et de mourir en paix.

Depuis que nous avons un avenir
Le passé à moins d'importance
Depuis que le paysage s'élargit
Devant nous les cours d'eau, les fontaines, quelques cascades encore

Montagnes, ravins et vertiges sont passés
Précieusement oubliés.

17 juil. 2007

On ne vit qu'une fois.
Profitons-en, c'est pour bientôt.

Dans cette prison de cendres
J'irai pleurer en silence
Puisses-tu n'jamais descendre
en cette solitude immense
et m'y rejoindre enfin
Pour avec moi être plaint.

J'ai passé ma vie à penser
Sans penser à jamais vivre
Sans penser à faire
Parce que ce sont les rustres qui font
Ce sont les idiots qui agissent
Comment ai-je pu être aussi stupide
Comment ai-je pu être aussi peu avide
Si ce n'est par vanité
Par peur du monde des autres
J'aurais tant voulu qu'ils me laissent tranquille
Loin de tout leur bonheur et tout leur fracas
Leurs amours leurs rires leurs guerres
J'aurais tant voulu qu'ils me laissent simplement mourir
J'aurai tant voulu conserver mes illusions
Moi qui me croyais un génie isolé dans sa tour de verre
Je croyais que j'absorbais toute la douleur du monde
Alors que je n'avais pas vu le monde
Je croyais que j'avais déjà tout compris à l'existence
Alors que je n'existais même pas
Je croyais voir de l'honneur et de la noblesse dans la souffrance
Alors qu'il n'y aurait eu à voir que de la pitié
Abandonnez-moi comme je m'abandonne
Je ne souhaite pas qu'on me pardonne.

Je suis devenu des vôtres
Je le sais aujourd'hui enfin
la folie n'est qu'un chemin
parmi l'temps d'autres.

On ne meurt qu'une fois.
Profitons-en, c'est pour bientôt.

2 juil. 2007

Je saurai
Je lirai
Je verrai
J'entendrai dans ton Silence
Moi, minuscule
Toi, Majuscule
Le ciel est sur la Terre
Et nous sommes sur la Terre
Et la mer sera dans le ciel
Et nous serons dans la Terre
Et j'écouterai ton silence
Je verrai ton absence
Je saurai à quoi tu penses
Tout comme si tu n'étais plus là.

7 juin 2007

autre temps, autre moeurs
meurs en face, en temps voulu
silence en rythme, petits pas perdus
perdreaux perdrix imitations
plutarque tardif avides soliloques
fatigues subsides arides ventriloques
sur les routes en petits cailloux dispersés
dissipés les pas de doutes les genoux écorchés
ratification modification sollicitation
silence majuscule

9 févr. 2007

et je vous ressemble.
l'humanité triomphante, ceux dont on a le nom sur les lèvres
les médiatiques les politiques les hommes pressé(e)s
la bravitude, la séparabilité,
traçabilité des idées
cartographie des moeurs
laïcité.

et je vous ressemble
à chercher du travail
se sentir à côté, du mauvais côté
à chercher à faire quelque chose
faire quelque chose, exister
je t'ai rencontré sur msn, je te quitte par sms
habitudes et regrets
rancoeurs et dégoûts

et je vous ressemble
celles-ci déconfites
à chercher partout l'amour
à cracher sur les sentiments
sur le sentiment que ça pourrait durer
stabilité, engagement
je vous ressemble aussi
quand on vous traîne dans la boue
à la suite d'un avortement

(justement aujourd'hui, je vous ressemble aujourd'hui, depuis 9 ans exactement)

et je vous ressemble
ces recherches et ces armures
ces misères et ces névroses
ces lâchetés, ces chemins de traverse
et cette lassitude et ces journées gâchées.

et je vous ressemble
à vouloir arrêter
à vouloir vivre autrement
à craindre l'avenir
à craindre pour les enfants.
à trouver qu'il est déjà trop tard peut-être.
à ignorer les solutions, ne plus savoir
ni la confiance ni l'espoir

je ressemble tellement
je ne ressemble plus bien.
la photo est floue
il faut choisir, il faut renoncer

il faut s'engager, il faut vivre.

5 févr. 2007

Oui, je suis une chiffe molle.
Une couille molle même.
Oui, ma famille m'exploite et en ce moment s'accumulent toutes ces petites injustices qui m'étouffent. On me demande de faire des efforts sans rien en retour, encore, on me demande de plier l'échine et d'accepter, encore, on me demande de passer derrière les autres, encore, on me demande d'accepter que les besoins et les envies des autres soient prioritaires sur les miennes et celles de ceux que j'aime.
Et je l'accepte.
J'ai décidé de ne pas m'engueuler avec ma famille.
Je préfère subir l'injustice que subir un conflit. Je préfère me taire même lorsque je sais que j'ai raison. Je ne suis donc pas un homme, un vrai, un velu, un couillu, un gars qui ne se laisse pas marcher sur les pieds.
Oui, je suis de ceux qui se laissent faire pour ne pas vivre dans la violence, la rancoeur, le regret.
J'ai décidé de ne pas m'engueuler avec les gens.
Peut-être que cela sera intenable au fil des années. Peut-être que certaines personnes en abuseront et que leurs provocations deviendront insoutenables. Peut-être que je ne serai qu'un volcan prêt à exploser à tout moment et que le jour où enfin je ferai rejaillir ma colère je serai alors injuste et violent envers les gens que j'aime et que nous le regretterons tous, moi en premier.
Peut-être que j'oublierai.
Jésus a dit un truc du genre "tend la joue droite une fois qu'on t'a giflé la gauche".
Dit comme ça, ça parait plutôt crétin.
Mais je suis plutôt d'accord.
Dit comme ça, je parais plutôt crétin.
Tant pis.

6 déc. 2006

Humeur mélancolique depuis ce week-end. Depuis la pluie et le vent. Depuis les pleurs de ma famille. Depuis le film de Sofia Coppola, "Virgin suicides", aussi.
Curieux que ce film m'ait autant marqué, alors que finalement, il montre si peu de choses, il explique si peu de choses.
Il pose en fait une question qui me hante :
Et si les femmes étaient vraiment différentes de nous ?
Et si, nous, les hommes, étions véritablement plus ignorants ? J'ai déjà tellement l'impression d'être lunatique, de passer chaque seconde à me prendre la tête dans un tourbillon de rêves multicolores, mélange permanent de flashs d'ultraviolence, de sexe sans limite, de douleurs monstrueuses, de sentiments romantiques égarés, de visions cauchemardesques du monde qui m'entoure, à la limite de la schyzophrénie.
Et chaque femme serait pire que moi encore ?
Est-ce que c'est cela qui m'a tant frappé ? Qu'on puisse, à errer dans son propre monde à force de solitude et d'isolement, trouver tout naturel un matin de mettre fin à ses jours ?
C'est ma propre image que cette histoire m'a révélée, j'ai découvert à quel point le monde était dangereux, à quel point notre propre esprit est dangereux, à quel point tout ce qui parait solide est fragile.
Et certains personnages du film m'ont tant rappelé des personnes que je connais.
Et moi qui prétend faire l'effort de connaître les autres pour les comprendre, je me vois si loin de comprendre ce que pensent ces gens qui flirtent avec la mort.
Je me sens si confus, si perdu. J'ai toujours vécu en supposant que les autres personnes n'avaient que des certitudes et que j'étais le seul à douter, que chacun de mes actes était un test que je subissais de la part des autres, qu'ils me surveillaient pour vérifier que j'allais bien faire ce qu'ils attendaient. D'ailleurs, en y repensant, c'est toujours ce que je pense.
Je crois que je vis en étant persuadé que les autres ont tous des certitudes sur tout, et que la plupart de leurs certitudes sont fausses, mais que comme tout le monde a tort, c'est le faux qui devient le vrai, et à moi de les suivre ou de mourir.
Je crois que je suis fou.
Mais je ne suis pas sûr.
Je crois que ce monde est fou.
Mais je n'en suis pas certain.
Je crois que toute cette folie va me tuer.
Mais rien n'est moins sûr.

6 nov. 2006

j'ai du vide dans la tête
et des étoiles dans les yeux
j'ai des envies que je n'ose
et ce qu'il me donne

une famille ou tout est pas rose
des enfants qui sont vivants

des balades à vélo où l'on prend
le rythme de la petite fille qu'on attend
on reste derrière pour vérifier
qu'elle ne se perd pas, qu'elle ne tombe pas, qu'elle va bien, qu'elle chante.

lui apprendre de petites mélodies au piano
et sa fierté "papa papa écoute"

Ecoute
et ne fais plus de bruit
Regarde-la pleurer, regarde-la rire
regarde-la t'ignorer car tu n'es pas sa mère
Regarde-la tranquillement commencer à te faire confiance.

et ne pense plus à rien
le vide dans la tête
les étoiles dans les yeux

penser à ce père là
qui serait qui ? mon père à moi ?
le père de mes enfants ?
le père de ses enfants à lui, oui, ses enfants que j'aime déjà,
et qui vont me prendre le peu d'énergie qu'il me reste, le peu qu'il lui reste ?

ne pas penser

continuer à me blottir, à le blottir, à prendre chacune des petites décisions
ensemble
et ces mots qui toujours retrouvent les miens
qui me retrouvent
qui nous cherchent nous trouvent
qui dit ce qui est important, qui dit ce qui est l'amour,
comme je le sais sans savoir le dire
cette sagesse et cette confiance quand je n'en demandais pas tant,

quand je voudrais quelque fois fuir

fuir la menace du temps qui passe
fuir l'étonnement, le décalage et le vouvoiement
fuir l'idée de pouvoir enfanter
fuir l'avenir, s'enfoncer,
fuir

autant ne pas y penser
le retrouver ce soir comme tous les soirs
et tranquillement rêver dans ses bras, se permettre, enfin,
de rêver, encore un peu, encore un peu plus loin.

3 oct. 2006

Que d'échecs.

Partout s'accumulent ces petits échecs qui me harcèlent : à mon travail je suis désespérément bloqué par ma hierarchie et condamné à occuper un poste qui ne me plaira pas. On ne me donne rien à faire pendant un mois en me montrant du doigt comme celui qui ne sert à rien, puis d'un coup me voilà surchargé de tâches et partout on me presse d'aller plus vite.
Ma voiture, ce simple objet, arrive en fin de vie et je dois m'en séparer. J'ai beau me répéter qu'il ne s'agit que de tôle et de rouages sans vie, je me sens la gorge serrée chaque fois que je m'assois derrière son volant, je me sens empli d'une tristeste irrationnelle comme si j'allais perdre ma meilleure amie.
Ajoutez à cela quelques ennuis de santé autour de moi...
Des mots doux retrouvés sous mon pare-brise juste pour le plaisir de m'insulter...
Des contrôles de police...
Un chien arrivé chez mes voisins et qui ne cesse de me hurler dessus...
Même mes loisirs les plus anodins deviennent compliqués, faute d'horaire adéquat...
Courir, courir, toujours courir, encore courir, sans jamais avoir le temps de rien faire, sans jamais avoir le temps de bien faire, et toujours arriver en retard et se faire pointer du doigt comme un vilain petit canard.
Et mes amis et ceux que j'aiment qui, eux aussi, ont leurs propres ennuis, et sont tristes, et souffrent, et moi au milieu qui ne parvient pas à les guérir ni même à les réconforter. Je peux à peine encore les voir.
J'aimerais tant être chaque soir avec tous.

Que d'échecs.
Je suis épuisé.
La semaine de sept jours est tellement longue.

21 sept. 2006

Que de succès.

Partout à mon travail on s'arrache mes services, je dois refuser des réunions et des déplacements tellement on m'en propose, déplacements inutiles et réunions où je n'ai rien à dire. Plusieurs services me réclaments à corps et à cris, pour des postes placards où personne n'a voulu aller. Quand je trouve un endroit qui me plait, soit on ne veut pas me laisser y aller, soit on ne veut pas me laisser partir.
Comme a dit mon chef à un de mes collègues, "il en a de la chance Nicolas, tout le monde le veut !"
Et du coup personne ne me laisse aller là où je veux, et je suis devenu le vilain petit canard qui n'a pas trouvé sa place au jeu des chaises musicales. Je suis arrivé un an trop tard.
Comme d'habitude, j'arrive trop tard.

Ma famille me réclame chaque soir mais n'a rien à me dire, ce sont des grands silences gênés, puis dès que je pars j'entends qu'on se plaint de mon absence.
Ma compagne insiste poliment pour me laisser des moments de libre mais me fait bien sentir que chaque soir sans moi est une douleur.
Mes amis me confirment tous qu'ils ont plein de choses à faire sans moi mais je découvre quand je les invite enfin qu'ils ne se sont pas vus depuis un mois.
J'aimerais tant être chaque soir avec tous.

Que de succès.
Ca m'épuise.
La semaine de huit jours n'y suffirait pas.